GARDENS OF STONE

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Drame

1987. Réalisation: Francis Ford Coppola. Avec: James Caan, Anjelica Huston, D.B. Sweeney et James Earl Jones. Scénario : Ronald Bass. Couleur/1h52.

       Ce navet très ennuyant fut bien apprécié par les critiques en 1987, à ma grande surprise. Les noms James Caan et James Earl Jones ont attiré mon attention, mais ce fut très difficile pour moi d'embarquer dans l'histoire.

       Le récit se situe en 1968 pendant la guerre du Viêt-nam (on nous dit que le film se situe à cette époque, mais la médiocrité des décors ou de la reconsitution d'époque me fait penser que le film se situe en 1987). Un sergent vaillant (Caan) qui travaille au Fort Meyer en Virginie a comme devoir d'entrainer les jeunes soldats et de les préparer pour la dure réalité de la guerre. Il prend un jeune soldat naïf (Sweeney) sous son aile et une amitié se développe.

       Le synopsis peut sembler très touchant, et le film est basé sur le roman écrit par Nicholas Proffitt. L'auteur du livre était militaire et faisait partie de la garde d'honneur au cimetière Arlington National Cemetary. Si quelqu'un connait les traditions militaires pendant les obséques, ça doit être lui. En fait, les cérémonies militaires sont très réalistes. Mais je n'ai ressenti aucune émotion du début à la fin. L'ensemble est tellement artificiel (et souvent prétentieux) que même les scènes plus touchantes m'ont laissé froid comme la glace. Ce n'est pas parce que je suis quelqu'un de froid; j'ai versé des larmes pendant les funérailles dans Backdraft/Pompiers en alerte, et Born on the Fourth of July/Né un 4 juillet est resté dans mes souvenirs pendant des années. Mais Gardens of Stone est structuré comme un de ces films tournés pour la télévision qui sont vite oubliés. L'histoire d'amour des personnages de James Caan et d'Anjelica Huston contient presque aucune scène mémorable ou émouvante. Caan, que j'aime bien en général, semble se forcer à paraître émotif dans les scènes dramatiques. Regardez Mel Gibson ou Tom Hanks pleurer dans un film, ça vient nous chercher et ils sont très convaincants. James Caan ne fait pas l'affaire du tout cette fois-ci.

         Il n'y a pas seulement lui qui nous offre une interprétation misérable. D.B. Sweeney, avec ses grands yeux de petit garçon, a fini par me taper sur les nerfs. Les scènes qu'il partage avec James Caan sont faibles. Les personnages sont mal étudiés et on voit des gens qui ne sont pas nécessaires au film (comme Elias Koteas, qui joue un jeune soldat qui accueille Sweeney lorsqu'il arrive à la base militaire). Mary Stuart Masterson, qui interprète la femme du jeune soldat, est également mauvaise. Elle met si peu d'effort dans les scènes dramatiques que le film me semble presque insultant pour n'importe quel vétéran de la guerre qui est supposé s'identifier à ces personnages.

          Les coupures me font penser que le montage a été exécuté rapidement avec peu d'effort. Certaines scènes se développent normalement et commencent avec un peu de potentiel, telle que la conversation entre Anjelica Huston et James Caan vers la fin du film. Ensuite, la scène est subitement coupée et on passe à autre chose. Gardens of Stone serait parfait pour les spectateurs souffrant d'un déficit d'attention. Un autre exemple d'un manque de fluidité: Les personnages de D.B. Sweeney et Mary Stuart Masterson commencent à se fréquenter et quelques minutes plus tard on nous suggère qu'ils sont des âmes soeur inséparables. Le tout est recouvert d'un dialogue affreusement quétaine qui sort d'un téléroman américain.

          J'ai presque tombé de mon siège lorsque j'ai lu les critiques du film sur Internet. Il a reçu trois étoiles sur quatre par plusieurs critiques, quelqu'un a même écrit que l'interprétation valait une nomination d'Oscar. C'est peut-être juste moi, et c'est toujours une question de goût, mais Gardens of Stone est très pauvre et dépourvu d'originalité ou de sincérité. Le seul comédien qui m'a impressionné est James Earl Jones, qui fait ce qu'il peut avec ce qu'on lui a donné (dans ce cas-ci, ce n'est pas grand chose). Je pense que je vais regarder Born on the Fourth of July encore une fois afin de me consoler et de me convaincre qu'il existe encore de bons drames qui traitent des vétérans de guerre.

Bande-annonce du film (sur Internet Movie Database)

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